André MAÏSSEU
Professeur des Universités
ENSICAEN, INSTN, Dr es-Sc. Physique, Dr es-Sc. Economiques et de Gestion

LE TEMPS DES BALADINS

Sur une chanson morte s'en vont les baladins
Perdus avec les ans, vendus avec mes rêves.
Folie a disparu; désirs devenus vains;
La fin de mon délire s'est cachée dans mes peines.

Les temps se sont enfuis où l'aube et la beauté
S'enveloutaient d'azur aux rires de l'aurore.
Mon errance a menti, les ans se sont fanés
Se perdant de silence dans le vent des remords.

Le flot des sortilèges glisse vers l'infini,
Au delà des promesses, au delà des ivresses,
Vers l'insondable nuit où se terre l'oubli,
Où les chants se dispersent sous le poids des détresses.

Trahi dans mes serments, pleurant mes infortunes
La foi qui m'habitait s'est pendue ce matin.
Et la neige engloutit dans son cocon de lune
Sur une chanson morte, le temps des baladins.