Je cherchais l’or du Rhin au fond de l'Atlantide,
Ressourçant la légende, les mythes, les odeurs.
Je rossai les cyclopes, j’enflammai les torrides,
Et fracassai l'enfer pour en chasser la peur.
Dans ma quête insensée, je poursuivais le rêve,
Le rêve d'une femme que l'on a cru aimer,
Que l'on a tant pleurée, qu'on a imaginée,
Et qui ne s'est montrée que pour mieux disparaître.
La femme de mon songe et d'un tailleur de lune;
La femme pour laquelle j'ai bu le vin de Chypre;
La femme du rosier qui fleurit sur la dune;
La femme de l'encens, de l'or et de la myrrhe.
Le répond du ressac fit s'envoler la brume;
Un ruisseau de lumière auréola l'écume;
Le bruit s'évanouit; l'horloge devint molle,
Et dans un clair de mer, j’aperçus la Licorne.