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André MAÏSSEU
Professeur des Universités ENSICAEN, INSTN, Dr es-Sc. Physique, Dr es-Sc. Economiques et de Gestion |
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de la FÉODALITÉ à la CACOCRATIE |
| Note de lecture | Prolégomènes | Paradigme Médiéval | Paradigme Classique | Paradigme Victorien | Paradigme Moderne | Paradigme Contemporain |
Tome 2
Les Editions Persée
La chute de Constantinople, le reflux de la chrétienté au Proche Orient et le désastre culturel qui s’en suit, ayant éteint les mirages de l’Orient, les Européens se détournent des rivages de la Méditerranée pour renouer avec l’écho des sagas islandaises. Le Turc s’est trompé. Il croyait qu’en s’emparant de Constantinople par la force et la violence, il allait conquérir l’Europe. Erreur ! L’Europe lui fait un pied de nez, lui tourne le dos et regarde désormais vers le grand large. Rien ne va échapper à la mutation de valeurs que le génie de Gutenberg et celui de Léonard de Vinci ont déclenchée. Tout est soumis à conquête, depuis l’empire des Incas avec Pizarro, les nombres premiers avec Fermat ou les jupons avec Casanova. Pour les mathématiciens, les techniciens, les architectes, les hommes politiques, les juristes, les artistes, les artisans ou les alchimistes, les raisonnements procèdent désormais d’une démarche ordonnée, sérielle, progressive qui va du simple au composé, qui va des prémices aux
conclusions, et se concrétise par des avancées spectaculaires sur le front de tous les savoirs.
Avec l’invention de l’imprimerie, les hommes quittent le monde de l’oral pour accéder au monde de l’écrit : « Parle comme un croquant, écrit comme un savant ». Le flot d’ouvrages rapporté par les rescapés de la tragédie de Constantinople et du génocide chrétien en Asie mineure, ouvre aux Européens les routes du monde et les voies de l’esprit. La sphère géographique est remodelée ; la sphère sociale est bouleversée ; la sphère intellectuelle est redessinée. L’Europe, à la suite de Florence, bâtit un nouveau monde pour mettre les faits en accord avec la philosophie de Platon, en s’inscrivant dans l’ordre logique décrit par Euclide.
L’Occident, toujours chrétien, doit redéfinir la place de Dieu, une place que les excès de la papauté ont bien ternie. Il culbute ses frontières au-delà de tous les horizons, intellectuel, artistique, géographique, maritime, philosophique, institutionnel, scientifique, technologique. C’est le temps des pionniers, qui en calquant leurs vies sur les légendes, firent de leurs vies des légendes pour la défense et la propagation de la foi, la recherche cupide de l'or et des épices, la soif de conquêtes, ou la découverte de nouvelles formes d’expressions artistiques et scientifiques.
C’est le triomphe de l'esprit de liberté, de l'initiative individuelle, de la volonté sur la résignation, jusqu’au jour où le patriarche de Ferney, l’un des seigneurs les mieux « rentés de France », Voltaire, le munitionnaire esclavagiste, escroc, misogyne, antisémite, raciste, homophobe, en trempant sa plume étincelante dans le venin va pervertir l’humanisme souriant que Pétrarque avait trouvé sur les rives de la Sorgue, pour aveugler le siècle des Lumières. L’hydre de la cacocratie va alors donner naissance à des imposteurs comme Newton. Elle va pouponner les malfaisants qui vont ruiner le devenir de la France, de Louis le quatorzième, un nabot prétentieux, à Napoléon Bonaparte un homoncule convulsif, en passant par Louis XV le débauché et Fouché, le traître à la solde des Britanniques dès 1794.
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